Un ami via Twitter : « Hey, on ne t’a pas vu à la conférence ***** ? »
Moi : « Euh… non, je n’y étais pas« .
L’Ami : « Ah… Mais bon, on te voit à la soirée de lancement de ***** quand même, hein ? »
Moi : « Non plus… et je ne savais même pas qu’il y avait une soirée d’ailleurs »
L’Ami : « C’est bête, il y aura tout le monde. »
Moi : « C’est qui « Tout le monde » ? »
L’Ami : « Ben, tout le monde, tu sais bien ! Tu les connais tous ?!? »
Moi : « Non, cette fin d’année, je vais seulement à LeWeb… »
L’Ami : « LeWeb ? Ah non, c’est vraiment trop cher. Je n’y vais pas. »
Même si j’ai parfois mis un peu d’argent dans quelques projets en tant qu’investisseur, je suis avant tout un entrepreneur. Pour exercer correctement mon métier, j’ai besoin d’être très concentré sur plusieurs choses dont notamment : Mes équipes, ma value proposition, mes clients, le cash.
Chacune impacte directement mon projet.
Je vois beaucoup d’entrepreneurs passer leur temps dans les Apéros Twitter, les conférences qui traitent d’un peu tout et n’importe quoi, les lancements de produits, les anniversaires de tel ou tel service, etc… et à chaque fois, je me pose la même question : Qu’est-ce qu’ils foutent là ?
Quand un entrepreneur développe un projet, la longueur de la Todolist est proche de l’infini pour une raison simple : si on arrive à faire tout ce que l’on devait faire dans une journée, on va immédiatement mettre du charbon dans la chaudière et embrayer sur d’autres sujets car l’immobilisme ne peut exister… donc on rallonge instantanément la Todolist en question.
Bien-sûr, certaines conférences sont importantes et les rencontres comme le réseau sont la base même du business. Toutefois, faire du networking n’a de sens que si les gens que l’on rencontre peuvent apporter quelque chose à votre projet, comme devenir des clients, des collaborateurs, des associés ou des partenaires.
Rencontrer des gens qui n’ont absolument aucun intérêt pour votre entreprise est une perte de temps.
Comprenez bien ce que je veux dire : On peut retirer quelque chose de toute rencontre et cela sera d’autant plus riche que la personne que l’on rencontrera sera éloignée de ce que nous sommes. J’adore qu’on vienne me présenter de nouvelles idées, m’aborder à la volée pour me parler avec passion d’un service ou de tout un tas d’autres sujets. C’est très sympa et les rencontres font partie de la vie… mais ne vous racontez pas d’histoires, vous ne servez pas forcément votre projet en faisant cela, vous vous faites simplement plaisir en mode « Café du Commerce ». Accessoirement, quand vous retrouvez votre Mac, vous retrouvez également tout le Business As Usual que vous avez forcément laissé de coté pendant que vous étiez à cet événement.
Bien-sûr, c’est souvent sympa de se rendre à une soirée, juste pour le plaisir… mais j’ai fait le choix de consacrer le peu de temps libre qu’il me reste à ma famille et mes amis proches.
Généralement, j’évite d’aller à plus d’un événement par trimestre (sans compter ceux où je parle, évidemment), en les choisissant très minutieusement.
Quand je vais à un événement, je m’assure d’abord que le thème m’intéresse ou que j’y ai des lacunes importantes qu’il faudrait combler. Puis, je regarde si ceux que j’y verrai peuvent être dans l’une des 4 catégories que j’ai évoqué un peu plus haut dans cette note. Une fois sur place, je fais de mon mieux, également, pour me rendre disponible pour les personnes qui vont venir m’aborder tout comme je vais aussi essayer d’en aborder le maximum. Si le networking est l’ADN du business développement, il ne supporte pas bien la timidité ou l’apathie
Dans ces choix, il y a un critère dont je ne tiens jamais compte : « Mes potes y seront-ils ? »
Je les connais déjà. Si je veux leur parler, il me suffit de décrocher mon téléphone. Rencontrer ses potes, ce n’est pas faire du Networking, c’est, au mieux, se faire plaisir et, au pire, une manière honorable de glander.
J’aime vraiment IBM… sérieusement. Je leur vend des trucs depuis plus de 15 ans, leur en achète parfois, y ai des tonnes d’amis dont mon meilleur, ai monté avec eux pas mal d’opérations et de partenariats qui ont été le plus souvent sympas et où nous nous sommes éclatés ensemble (comme notamment une campagne e-Culture que j’adorais)… donc ma présence à leurs cotés me semble vraiment naturelle.
Mais si j’avais du payer mon billet, je n’aurais pas hésité une seconde pour une raison simple : ON Y FAIT DU BUSINESS et pas du tricot !!
J’aime l’expression américaine : « Deal Maker ». A LeWeb, tu rencontres des personnes avec lesquelles tu peux faire des deals, là, au coin du stand Nespresso. En y mettant un peu de coeur, les 2000 euros de l’entrée (et les 1500 euros de frais que tu vas avoir quand tu ne vis pas à Paris) seront largement rentabilisés dès la première journée car c’est dans un concentré de ce que la planète Internet porte de mieux comme businessmen que tu vas évoluer.
J’y ai trouvé des clients, j’y ai rencontré des associés et des investisseurs, j’y ai recruté des collaborateurs et j’y ai partagé des idées qui se sont terminées en partenariats avec d’autres entrepreneurs ou des exécutifs. Cerise sur le gateau : j’y ai souvent bénéficié d’un peu de visibilité en échangeant avec les journalistes et blogueurs présents.
Je ne détiens évidemment pas la vérité mais je crois vraiment qu’il est important de rester très très concentré sur ce dont nos entreprises ont besoin pour avancer et ce dont elles ont notamment le plus besoin venant de nous est notre capacité à rentabiliser notre temps, sans doute la ressource la plus rare chez les Entrepreneurs.
Chaque semaine se tiennent des tas d’événements en tout genre, qui sont de plus ou moins bonne qualité, et je crois que beaucoup ne méritent pas que vous y passiez ne serait-ce que 3 heures.
Me concernant, le mot d’ordre est : Focus Focus Focus !
Je parle souvent de startups, d’entrepreneur, de projets. A E1 ce week-end, beaucoup de wanabe-entrepreneurs sont venus me demander comment lever des fonds, préparer sa sortie, faire quelques millions pour faire… en gros la même chose qu’aujourd’hui mais sur un nouveau projet pas finalement si différent.
IBM va avoir 100 ans. Un siècle. Un SIECLE PUTAIN !!
Je ne crois pas que Georges Fairchild s’est demandé, le 15 Juin 1911, si la fusion qu’il était en train de réaliser pour donner naissance à IBM allait lui permettre de prendre un gros chèque 3 ans plus tard.
Manifestement, Georges Fairchild était un entrepreneur. Il a bati un groupe qui a changé le monde, pour le meilleur et parfois, lors des épisodes les plus sombres de notre Histoire, pour le pire. Il a créé des centaines de milliers d’emplois directs, peut-être des millions si on compte tous ceux qui ont, un jour ou l’autre, travaillé pour cette entreprise. Il a généré des milliards de dollars plus que n’importe qu’elle autre compagnie de cette industrie et surtout, il a donné naissance à une société qui est aujourd’hui le plus gros fournisseur de brevets de la planète.
J’ai beaucoup d’amis chez IBM, certains que j’admire non pas pour le parcours de leur entreprise mais pour ce qu’ils font au sein de cette entreprise. Je profite donc de cette note pour leur souhaiter un excellent 100ème anniversaire !
Je ne suis toujours pas riche car je crois n’avoir jamais vraiment créé une société dans le strict objectif de la revendre. Lorsque j’en ai revendu, c’était toujours dans le sens de l’Histoire, pas comme une fin en soi.
« Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur, le bonheur est le chemin » Budha.
Quand je vois la détermination d’Hommes comme Steve Jobs, Guy Noves, Marie Curie, Gandhi ou Henri Bergson à aller au bout de ce qu’ils croient être juste quel qu’en soit le prix, chacun dans son domaine, je me dis que l’Homme est décidément plein de ressources et que ce qui importe vraiment, c’est sur quel chemin chacun d’entre nous va décider d’investir cette énergie et ces ressources, aussi démesurée ou modeste que soit notre ambition…
Bouts de code après bouts de code, on a l’impression de faire avancer notre petit univers, les projets dans lesquels on s’implique, tout ce qui fait que l’on travaille dur pour essayer de changer une partie de son propre monde. On pense travailler avec des Gauchos du Code ou, pour certains, en être un. C’est là qu’on croise une avancée technologique qui nous laisse sans voix et rend tout cela presque insignifiant.
Vous avez entendu parlé de Deep Blue ? C’est un supercalculateur d’IBM qui a réussi à battre Garry Kasparov aux échecs en 1997. C’était assez impressionnant mais bon, maintenant, en 2011, j’ai un iPhone 4 qui est trop cool aussi et qui fait des trucs sympas. En plus, il ne faut pas trop se la raconter ; Deep Blue n’avait jamais fait que d’énormes calculs mathématiques, les échecs étant d’abord affaire de mémoire et de logique. Pas de quoi casser 3 pattes à un canard donc.
Puis est arrivé Watson.
Watson est le fruit d’un travail de titan par les labs d’IBM Research. L’idée était d’engager un ordinateur contre 2 excellents candidats humains du Jeopardy. Si vous ne connaissez pas ce célèbre jeu, c’est assez simple. Si je vous dit : « Le plus grand club de Rugby de tous les temps« , vous devez répondre « Qu’est-ce que le Stade Toulousain ?« . Pour ceux qui n’ont pas compris, je vous invite à jeter un oeil ici.
Pourquoi, près de 14 ans après une belle victoire, s’essayer à un simple jeu télévisé contre des presque anonymes alors que Deep Blue bataillait sur l’élite des jeux contre son plus grand champion de tous les temps ? Parce que pour un ordinateur, Jeopardy est infiniment plus difficile que les échecs. Une machine doit comprendre le langage humain, incluant des expressions, de l’argot et des terminologies très spécifiques pour les synthétiser et en ressortir une réponse correcte, avec pourtant des possibilités presque infinies.
Watson est un candidat très méthodique. Il va puiser les réponses dans son énorme base de connaissance, au coeur des To d’informations qu’IBM Research lui a fait ingurgiter. En effet, Watson n’est pas connecté à quoi que ce soit, et pas Internet par exemple. Il est autonome. Il est aussi très raisonnable. Par exemple, il n’essaye pas de répondre s’il pense qu’il n’a que 60% de chances d’avoir la bonne réponse ou moins. Dans la réalité, il a souvent la bonne réponse mais s’il a identifié un risque trop important, il ne se lance pas. Un vrai bon père de famille
Watson va affronter les meilleurs candidats de Jeopardy à partir du 14 Février prochain. Ce sera bien évidemment en direct à la TV US et j’imagine qu’on doit pouvoir trouver un flux pour le regarder ici aussi. Cela devrait donner quelque chose comme ce que vous pouvez voir sur la vidéo ci-dessous. Pour ma part, je suis prêt à mettre un billet sur lui. Je crois vraiment qu’il peut et va gagner ces rencontres, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus mais également par le fait qu’il est, naturellement, le candidat ayant la culture la plus large et équilibrée de candidats présentés.
Ce qui est passionnant, finalement, c’est que l’on vient de faire un pas de géant vers l’étape suivante ; celle d’ordinateurs vraiment « intelligents » qui deviendraient de fantastiques assistants pour toutes les tâches complexes. Imaginons que Jérôme Cazalbou (oui, je vous en parle souvent parce qu’il est pour moi la référence des consultants rugby) se mette à commenter un match avec Watson. Nous pourrions avoir un duo de choc, l’un disposant d’une réelle compétence de ce jeu et l’autre de la capacité à tout savoir sur tout.
Jérôme : « Watson, tu peux nous dire dans quel club Fred Michalak a fait ses débuts ? »
Watson : « Bien-sûr Jérôme ! Fred a commencé en 1987 à Ramon-Ville St Agne. »
OK, si je vous prend un exemple avec un Neurochirurgien qui va interroger Watson à haute voix pendant une opération sur les symptômes qu’il constate, vous percevez tout de suite mieux la valeur de ce super calculateur
Lorsque l’on pose une question à Google, c’est nous qui faisons en fait la majorité du travail, en déterminants les mots clés les plus pertinents par rapport à ce que l’on recherche. Google ne fait qu’aller chercher « bêtement » ce qu’il trouve correspondant à ces mots clés. Typiquement, les homonymes sont alors une plaie. Avec Watson, rien de tout cela ; c’est la machine qui va faire le travail dans son intégralité pour répondre à votre question, quelle qu’elle soit.
Alors l’étape suivante doit bien évidemment vous faire flipper un peu.
Vous avez tous vu le film et forcément, vous n’avez pas du aimer la fin. Nous n’en sommes bien évidemment pas encore là. Ceci dit, merci à IBM de bien vouloir laisser Watson déconnecté de tout réseau et en particulier de l’Internet
Je me suis toujours enthousiasmé pour ce genre d’avancées, peut-être depuis que j’ai vu ce que HAL était capable de faire, quand j’étais petit. C’est un mélange de fascination et de peur, sans doute l’influence de la science fiction. La technologie est la solution à la très grande majorité de problèmes de l’Humanité et c’est également ce qui pourrait amener sa perte. On est donc devant une boite de Pandore et je mesure toute la difficulté que l’on a à résister à l’envie de l’ouvrir. Je crois que si j’en avais le pouvoir, j’ouvrirai la boite.
Ce que vient de faire IBM Research est, à mon sens, vraiment fantastique. Après, pour les étapes qui vont suivre, cela devient plus compliqué. Comme disait l’autre, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités et je ne sais pas à quelle vitesse nous serons capable d’inculquer la notion de responsabilité à une machine.
Je n’ai que 40 ans. Avec un peu de chance, je verrais bien cela un de ces jours…
Sinon, quelqu’un a vu trainer mon super iPhone qui fait lui aussi plein de trucs cools ?
Plus Entrepreneur qu'Investisseur, tout ce qui fait l'écosystème des startups et des sociétés de l'Internet m'intéresse. Je suis directement impliqué dans Digidust, Stonfield, Labotec, APICube et Hellotipi.
Basé à Toulouse et pas assez souvent à Miami, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des arts majeurs.